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A PROPOS DE LA POLEMIQUE AUTOUR DE LA QUALITE DE L’EAU A KOLWEZI : UN REGARD CRITIQUE !

In Blogroll on 14/05/2012 at 21:25

Prof. Joseph Yav Katshung

 

I. Liminaires : Quand l’eau nuit à la vie » alors qu’elle en est  la source, dit-on !  

Peut-on boire en RDC, l’eau du robinet en toute tranquillité ? Doit-on ou non éviter de boire de l’eau du robinet ?

Ces questions reviennent chaque fois à l’esprit des consommateurs congolais et étrangers. Il est certes vrai que depuis plusieurs années, nous pensons que l’eau du robinet est excellente pour la santé. Beaucoup de médias relayent cette information. Nous aimerions que ce soit le cas… C’est tellement plus pratique, et moins coûteux !

Mais, depuis un certain temps, il semble que cela n’est plus le cas. La confiance aveugle a laissé place au doute suite aux cas de pollution, intoxication, etc… Dans ces conditions, boire de l’eau du robinet peut être un geste dangereux.

En effet, l’eau est une substance liquide des plus répandues sur la terre. Plus de 70 % de la surface du globe est recouverte d’eau. Nous avions tous appris en maternelle et/ou à l’école primaire que l’eau est un liquide incolore, inodore et insipide.   Ainsi, l’eau est très importante, quand il n’y en a pas, c’est un problème et quand elle est sale aussi.

L’accès à l’eau est un droit que doit garantir tout État à ses citoyens. Mais il  a aussi un coût. Que le pourvoyeur d’eau soit public ou privé, il s’agit cependant de garantir les droits des usagers. Le maintien d’un contrôle décentralisé et autonome est donc essentiel. Cette condition exige le renforcement des mécanismes de gouvernance. C’est aussi une pièce maîtresse de la prévention de conflits, à l’heure où augmentent les tensions autour de cette source de vie, soumise à une pression sans égale dans l’histoire de l’humanité.

L’eau est indispensable à la vie, dit-on ; ou mieux, Sans eau, il n’y aurait pas de vie ! Malgré son importance et son caractère souvent sacré, l’eau continue dans plusieurs coins et recoins du monde à être rare et souillée, dans les villes comme dans les milieux ruraux. C’est pourquoi l’Assemblée générale des Nations Unies, dans sa résolution proclamant la période 2005-2015 Décennie internationale d’action sur le thème « L’eau, source de vie », a préconisé une action concertée afin de diminuer de moitié, d’ici à 2015, le nombre de ceux qui n’ont pas accès à l’eau salubre ou à l’assainissement de base.

Dans cette perspective, la Constitution de la République Démocratique du Congo (RDC) affirme à l’article 48 que : « le droit d’accès à l’eau potable et à l’énergie électrique sont garantis ». Dans cette perspective, voulant se rapprocher le plus possible d’un des volets des Objectifs du millénaire pour le développement, particulièrement celui se rapportant à l’accès à un grand nombre de la population à l’eau potable, le gouvernement de la RDC, au travers des ministères du Portefeuille et de l’Energie, a responsabilisé la Régie de distribution d’eau de la RDC (REGIDESO) pour réussir ce pari. Bien plus, c’est donc en toute logique que le volet « eau et électricité » se retrouvait parmi les grands axes de « cinq chantiers » de la République énoncés par le Président Joseph Kabila, lors de son discours d’investiture le 6 décembre 2006. Cela est aussi repris dans la politique  de la « Révolution de la Modernité’ qui tinte le nouveau et dernier mandat constitutionnel du Chef de l’Etat Congolais. Mais une question mérite d’être posé : Est-ce que la réalité sur terrain est-elle conforme aux dires ou déclarations ?

Non, car l’on assiste dans nos villes, cités et villages à une situation très alarmante : carence, démographie galopante, mésusages croissants et intensifs, pollution mettent aujourd’hui gravement en péril les ressources en eau.

Il est donc temps que le gouvernement s’en préoccupe au plus haut point, d’autant plus que le pays sera jugé sur des efforts qu’il déploiera dans ce secteur vital dans le cadre des objectifs du Millénaire.

II. La question désormais quotidienne de la gestion et de l’accès a l’eau en RDC

L’on se souviendra que le Sénat de la RDC s’était déjà inquiété et fait échos de la situation de l’eau en RDC par une question orale sur la gestion et la qualité d’eau. En effet, les Administrateurs Délégués Généraux (ADG) de la Société nationale d’électricité (SNEL) et de la Régie de distribution d’eau (REGIDESO), avaient répondu le mercredi 26 novembre 2008, à la question orale que leur avait posée le Sénateur Florentin Mokonda Bonza, conformément aux dispositions légales relatives au contrôle du gouvernement et des entreprises publiques par le Parlement. Les deux mandataires avaient expliqué aux sénateurs la gestion de leurs entreprises respectives concernant la production et la distribution de l’électricité et de l’eau notamment dans la ville de Kinshasa et dans la province Orientale .

En ce qui concerne la REGIDESO, le Sénateur Mokonda Bonza avait fait observer à l’ADG, que l’eau produite dans ses usines de Kingabwa, de Binza, et de la Lukaya et destinée à la population n’est ni incolore, ni inodore, ni insipide suivant la définition apprise à l’école primaire. « En effet, votre eau est non seulement sale et colorée, mais surtout impure », a-t-il dit avant de poursuivre : « Votre responsabilité est engagée par rapport au taux élevé de morbidité et de mortalité de la population congolaise qui, heureusement pour vous, ne pense qu’à la sorcellerie comme cause de décès ».  Après les exposés de ces deux mandataires, les Sénateurs avaient exprimé leurs inquiétudes quant la gestion de la SNEL et de la REGIDESO, dont le rendement et la qualité de leurs produits sont loin de satisfaire les besoins de la population de Kinshasa et de toutes les provinces du pays.

III. Quand la qualité d’eau divise à Kolwezi

Le malheur ne vient jamais seul, dit-on. Comme si cela ne suffisait pas, un autre fait défraye la chronique ces semaines et toujours en rapport avec la question d’eau en RDC. En effet, c’est Kolwezi qui nous en donne le triste exemple. Kolwezi est depuis un temps le théâtre des tensions et polémiques autour de cette denrée jusqu’à ce que par tous les moyens, l’on cherche à museler ceux qui dénoncent la mauvaise qualité et/ou le non traitement de l’eau « potable » distribuée à compte goutte par la régie attitrée. Un procès oppose déjà un ingénieur et responsable d’une institution d’enseignement supérieur à la société de distribution en dénonciation calomnieuse.

Sans nous prononcer sur qui a tort ou raison – avant le prononcé de la décision de justice – nous notons tout simplement qu’il sied de respecter le droit à l’accès à l’eau garantie par la Constitution congolaise ainsi que les instruments régionaux et internationaux des droits humains. Toute action ou omission doit être respectueuse des directives du Comité des Nations Unies pour les droits économiques, sociaux et culturels qui a déclaré l’eau « indispensable à la vie et à la santé ». « Le droit de l’être humain à l’eau est donc fondamental pour qu’il puisse vivre une vie saine et digne. C’est la condition préalable à la réalisation de tous ses autres droits. »

Comme nous l’avons relevé supra, il semble qu’en RDC [et à Kolwezi  particulièrement]  , l’eau destinée à la population n’est ni incolore, ni inodore, ni insipide suivant la définition apprise à l’école primaire.    Ce constat amer émanant du Sénateur initiateur de la question orale précitée, veut tout simplement interpeller ou rappeler nos consciences sur le fait  que l’eau produite par la REGIDESO est non seulement sale et colorée, mais surtout impure. Incolore veut dire sans couleur, inodore veut dire sans odeur et insipide veut dire sans goût. Dans ces conditions, elle peut être dangereuse à la consommation et il est impérieux d’initier ou de renforcer des contrôles de potabilité afin d’éviter les graves conséquences a la sante publique.

IV. Que faire ? De la nécessité de renforcer le contrôle sanitaire de l’eau à Kolwezi et en RDC !

Fort de ce qui précède, il sied de mettre l’accent sur le contrôle sanitaire de l’eau afin de parer à toute éventualité. En effet, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a mis en place des normes internationales relatives à la qualité de l’eau sous la forme de directives qui servent de base à l’élaboration de réglementations et de normes dans les pays développés et en développement du monde entier. Une eau est dite potable quand elle satisfait à un certain nombre de caractéristiques la rendant propre à la consommation humaine. Dans cette quête de potabilité, un contrôle rigoureux doit être initié et effectué. Il semble qu’en RDC, c’est cela qui fait défaut. Ainsi, la qualité de l’eau potable peut être soumise à deux types de contrôles, que son distributeur soit public ou privé :

•Un contrôle officiel, ponctuel, qui relève de la compétence des pouvoirs publics Il s’agit là du contrôle réglementaire fondamental ; qui peut porter sur l’ensemble du système de distribution : points de captage, stations de traitement, réservoirs et réseaux de distribution. Les échantillons d’eau prélevés aux différents points de contrôle sont analysés par des laboratoires agréés par le ministère chargé de la Santé. La nature et la fréquence de ces analyses sont fixées par arrêté du maire ou du gouverneur. Elles dépendent notamment de la taille de la collectivité desservie : plus celle-ci est grande, plus les contrôles sont fréquents.

•Une auto surveillance permanente par les exploitants de leurs services de distribution (régies ou sociétés déléguées). En RDC, cette auto surveillance doit être faite par la REGIDESO.

Il ne suffit pas de se limiter au contrôle de la qualité d’eau seulement, il faut également agir, en cas de pollution. Ainsi, que se passe-t-il quand l’eau ne respecte plus les exigences de qualité ?

Le distributeur, (ici la REGIDESO), a une obligation d’alerte dès qu’il constate le non-respect des exigences de qualité. Il doit :

•informer immédiatement le maire, le gouverneur, voire dans une certaine mesure le bourgmestre;

•effectuer une enquête afin de déterminer la cause de la non-conformité ;

•communiquer immédiatement au bourgmestre, maire, gouverneur, les constatations et les conclusions de l’enquête.

En cas de dépassement des limites de qualité, il doit également prendre des mesures correctives pour rétablir la qualité de l’eau, « que le non-respect soit ou non imputable à l’installation privée de distribution ».

C’est à ces conditions, que la population sera mise à l’abri et réellement, l’eau sera une source de vie et non de mort. Faisons qu’il en soit ainsi à Kowezi et partout ailleurs !

  1. Partant de cet article, le contrôle de l’eau doit s’étendre à toutes les aux de surface et des eaux de boisson dans nos milieux ruraux. Un organisme comme l’OCC (Office Congolais de Contrôle) devra être mis à contribution;

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