joseyav

A PROPOS DE LA FERMETURE DE L’AEROPORT DE LUBUMBASHI

In Blogroll on 29/05/2010 at 08:40

Prof. Joseph Yav Katshung

 


I. Liminaires

 

Il faut vraiment avoir une pierre à la place du cœur pour ne pas fustiger l’état de ce qui est à tort ou à raison appelé  « aéroport international de la Luano » ou « aéroport international de Lubumbashi ».[1] Ledit aéroport situé à Luano dans la ville de Lubumbashi en RDC a pour code AITA : FBM. Il est situé près des aéroports suivants :  Kolwezi (239 km), Kashobwe (350 km), Kamina (412 km), Ndola (199km), Lusaka (412 km), mais son état laisse à désirer – tant au niveau de sa piste tout comme celui des bâtiments et organisation.

 

Il nous revient des experts en aviation civile que la piste de l’aéroport de Lubumbashi, longue de 3200 mètres n’est pas praticable sur 800 mètres et cela présente des gros risques de catastrophe surtout à l’atterrissage. C’est vraiment le jour et la nuit si l’on tient à donner une bonne impression aux investisseurs et autres chasseurs de prime qui affluent dans cet eldorado du Katanga. Une province riche mais pauvre en infrastructures mais également sa population est pauvre.

 

II. De la parole aux actes ?

 

Il était temps enfin  que l’on passe des paroles qui s’envolent aux actes et ce, malgré une évolution en dents de scie de ce dossier décrié à mainte reprise par certaines couches sociopolitiques du pays, y compris certains députés qui s’étaient enfin démarquer des autres « silence-radio » ou « beni oui-oui » qui remplissent les hémicycles. Mais, sans que la situation change.

 

L’on se souviendra déjà qu’en 2007, une compagnie étrangère avait suspendu ses vols sur Lubumbashi  pour mauvais état de la piste aéroportuaire. Des retouches avaient été pratiquées ça et la et quelques semaines après, ladite compagnie avait repris ses vols jusqu’à ce jour. Depuis, plusieurs visites et réunions sont effectuées sur le site de l’aéroport délabré ou dans des bureaux somptueux de la ville à l’instar de :

 

–   Au mois de janvier 2009, des études de faisabilité avaient été faites pour moderniser cet aéroport. À ce sujet, une équipe d’experts chinois dépêchée par le gouvernement central avait foulé l’aéroport international de la Luano à Lubumbashi le 14 janvier 2009 en vue d’examiner l’état de la piste. Il s’en était suivi un briefing au Gouverneur de province que le gouvernement central envisageait la reconstruction de la piste dans un proche délai. De combien de temps ? Répond qui pourra !

 

–   Au mois de novembre 2009,  les compagnies aériennes internationales avaient menacées de suspendre leurs vols à cause de l’état de dégradation de la piste. Cette situation avait été évoquée au cours d’une réunion du conseil des ministres du gouvernement provincial du Katanga en date du 24 novembre 2009.

 

–   Bien plus, si notre mémoire ne nous trahit pas,  au mois de novembre 2009, une délégation de la Banque Africaine de Développement (BAD) était venue en mission d’inspection de l’état de la piste de l’aéroport international de Lubumbashi, en vue de programmer une intervention partielle pour sa réhabilitation urgente. À la suite des réunions avec l’exécutif provincial, la BAD avait promis d’intervenir dans le financement des travaux de réhabilitation de la piste de l’aéroport international de la Luano à Lubumbashi qui présente d’énormes dangers à cause de son état de dégradation. Mais quelle est la suite de cette mission ? Quelqu’un peut-il nous rendre compte ?

 

–   Il y a peu que nous avons vu à la télévision – car tout est médiatisé pour faire tache d’huile, espérons que ce n’est pas pour mettre de l’huile au feu-  des actions même minimes ou normales qui soient, un groupe d’élus du Katanga sur la piste de l’aéroport de Lubumbashi en train de déplorer l’état de la piste.

 

–   Et c’est maintenant la voie de la fermeture pure et simple de l’aéroport qui est envisagée par la Gouverneur de province du Katanga. En effet, il nous revient que ça fait trois  ans qu’il n’a cessé de lancer appels et cris de détresse  en direction de Kinshasa et de la Régie des Voies Aériennes mais sans suite. Ainsi, revenant de Kinshasa, il envisagea de fermer la piste de la Luano, si les travaux de réhabilitation ne débutaient pas avant le 30 avril 2010. Selon lui, la piste d’atterrissage de Luano est un tombeau ouvert. [dixit]  

 

Si la piste est fermée quel sera le sort des voyageurs ? Cette décision est-elle mûrie ? Sans infrastructures routières adéquates, quelles sont les mesures provisoires prises pour faire face ? Le stade de la Kenya dit «  Stade Kibassa Maliba » rouvrira ses portes en principe, le 1er mai 2010 – c’est-à-dire au lendemain de la fermeture envisagée du stade- et un championnat y sera organisé par le « Sauveur » entre certaines équipes de Kinshasa, de Lubumbashi et d’ailleurs avec une pactole de 500.000 USD en jeu. Mais, ces équipes et autres officiels et supporters entreront par où? Kolwezi, Kashobwe, Kamina, Ndola, Lusaka, etc ?

 

 

III. Que faut-il faire ? Qui doit  faire quoi ? Qui  fait quoi ?

 

Il faut le reconnaître que c’est une honte pour la province et le pays tout entier d’avoir un aéroport international au visage de celui de Lubumbashi ou Luano.  Comble de tout, ceux qui doivent prendre des décisions pour que cette porte d’entrée et de sortie en RDC et/ou en province par excellence  se complaisent à ne rien faire alors qu’ils sont les premiers qui voyagent à longueur des journées et incapables de juste copier ce qu’ils voient ailleurs. Je ne parle pas des pays occidentaux mais africains à l’instar de l’Ethiopie, Kenya, Zimbabwe, Rwanda, Afrique du Sud, Ghana, etc… « Shame on us » !

 

Est-ce l’argent qui fait défaut ou simplement la mauvaise foi? Tenez, alors que voyager par avion est un luxe en RDC vu le coût exorbitant des billets, il a été instituée une « extra » taxe par la Régie des voies aériennes (RVA). Cette dernière  perçoit depuis l’année dernière la taxe pour le  développement  des infrastructures aéroportuaires (la taxe IDEF) qui est payée par toute personne qui voyage à partir des aéroports congolais. Cette taxe est de 10 dollars américains par passager pour les vols internes, et de 50 dollars pour les vols internationaux. De source de la RVA, cette taxe tire sa motivation de l’état des infrastructures des aéroports en RDC. Certains sont sur la liste noire. Il fallait donc  trouver une solution pour laquelle les banques acceptent d’ouvrir des lignes de crédit, pour la modernisation et la réfection des infrastructures aéroportuaires sur l’ensemble du territoire. C’est ce qui a été fait. Ce mécanisme a été accepté par le gouvernement, et en contrepartie, bien entendu, les banques doivent se faire rembourser les prêts qu’elles ont consentis à la RVA, notamment. Pour cela, il a été créé une redevance d’amélioration et du développement des infrastructures…»

 

Dans la pratique, cette taxe se porte bien car les passagers s’acquittent sans désemparer. Ils sont contraints car doivent voyager. Mais, pourquoi ne pas incorporer cela dans le coût du billet ? Ça c’est une autre question ! La question qui nous intéresse ici est la suivante : Où va cet argent ? Pourquoi l’aéroport de Lubumbashi n’est-il pas réhabilité ou mieux construit ? Avec raison la Ligue contre la corruption et la fraude, LICOF en sigle, a en date du 1er mars fustigé l’incapacité du Gouvernement de la RDC à prendre à bras-le-corps, la gestion de l’aéroport international de Lubumbashi, plaque tournante de l’activité économique, non seulement de notre pays et l’Afrique australe et de l’Est, mais aussi avec tout le reste du monde.[2] Alors que la gestion est confiée à la RVA, qui perçoit depuis toujours des redevances, taxes et autres péages, qui coûtent énormément des dollars aux compagnies d’aviation d’autres pays, tout comme celles de la RDC, cet argent devait normalement servir aux travaux de réfection de la piste d’atterrissage dont le coût est estimé à 7 millions de dollars américains.

D’où la lancinante question de savoir où va cet argent perçu chaque jour. Il sied que l’on nous rende compte ! Mais par qui ?

 

 

 

 

 

 

 

 


[1] Qu’il sied de dénommer “ Aéroport International Moise Tshombe”. Lire, Joseph Yav Katshung, « D’AUTRES HEROS POUR LA RDC?”, http://www.facebook.com/notes/joseph-yav/dautres-heros-pour-la-rdc/407550975733

« …Si le grand hôpital général du Katanga porte le nom de Jason SENDWE, le stade de la Kenya est devenu « Stade Kibasa » pourquoi l’aéroport de la Luano ne sera pas rebaptisé « Aéroport International Moïse TSHOMBE », étant la grande porte d’entrée au KATANGA comme Charles de Gaulle à Paris. Il est donc temps que les tenants du pouvoir au Katanga aient le courage et l’humilité d’emboîter le pas du Président Kabila en reconstituant la mémoire collective des Congolais sur l’histoire du pays, sur ses hommes, ses grands événements, ses hauts faits depuis l’accession à l’indépendance jusqu’au 30 juin 2010… »

[2] LICOF, “Congo-Kinshasa: L’aéroport de la Luano ne peut-il pas être réfectionné ? », 1 Mars 2010

 

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