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Faut-il que je pose ma candidature au poste de Gouverneur de la Province du LUALABA ?

In Blogroll on 27/06/2010 at 14:07

Prof. JOSEPH YAV KATSHUNG

 Lualaba

1. En guise d’introduction!

 

1.1. Sans verser dans ce que d’aucuns qualifient à tort ou à raison de rébellion ou sécession et loin d’être un signe avant-coureur de « réveil des démons de la division » selon certains ; prenant les Citoyens de la RDC, mieux du « Katanga d’antan » à témoin ; soucieux de rester légaliste et respectant la volonté du peuple qui s’était  prononcé pour les 26 provinces lors du referendum constitutionnel de 2005, je suis poussé par la force des choses à porter ma candidature au poste de Gouverneur du Lualaba.

 

1.2. Le « messie » tant attendu semble tarder à venir  et peut être qu’il ne viendra plus en RDC. L’on a trop souvent été des spectateurs et c’est le temps de se prendre en charge. Comme je l’ai si bien dit dans mon livre qui a pour titre « La Décentralisation au Congo: Une Tour de Babel?, Ed. UniBook, Spuurs, Belgique,  2009 », au delà du scepticisme affiché par certains « gloutons politiques » qui appliquent la politique de « j’y suis et j’y reste » sans aucun souci pour le bien être de leurs compatriotes, la décentralisation est juridiquement un mode d’organisation des pouvoirs publics. C’est le transfert de certaines compétences de l’Etat à des collectivités territoriales, autonomes financièrement et juridiquement du pouvoir central.

 

1.3. Mais en réalité, elle est aussi l’affaire de chaque citoyen car elle modifie profondément ses relations avec les pouvoirs publics. TOCQUEVILLE affirmait par exemple que la centralisation administrative n’était propre « qu’à énerver les peuples » car elle tendait « à diminuer parmi eux l’esprit de cité ».

 

1.4. Cela est d’autant vrai car, lorsque les Grecs demandèrent à Solon de leur donner une constitution, celui-ci répondit à la forme interrogative : « pour quel peuple et quelle époque ? ». En effet, une constitution se présenterait comme réponse à une attente. Mais elle répondrait à quelle dynamique sociale dans quelle dynamique historique, à quelle ordonnance du temps? Cette demande légitime d’une constitution faite par les Grecs pour régir leur société fut également formulée par le peuple congolais, las de la politique de centralisation à outrance avec tout son cortège de malheurs. Mais voilà que constitutionnellement, 36 mois -après l’installation effective du Sénat- furent accordés aux gouvernants pour la matérialisation de 26 provinces. Au lieu de s’assumer, ils ont préféré villégiaturer et se réveillent en sursaut autour du  15 mai 2010, date butoir pour fustiger les difficultés de respecter la constitution. Quelle irresponsabilité surtout quand l’on connaît par cœur le brocard « Gouverner c’est prévoir » !

 

2. Quelques raisons de ma candidature

 

2.1. Je suis tenté de postuler pour faire bénéficier à chaque habitant -du Lualaba- des conditions de vie améliorées. C’est dans cette optique que le législateur congolais, mû par ce souci du bien-être de tous les Congolais, a trouvé nécessaire et utile de procéder au découpage politique et administratif du territoire national afin de rapprocher davantage les administrés de l’Administration, cela en vue de cerner les vrais problèmes de la population et en trouver des solutions urgentes et adéquates. Donc, le découpage territorial a été décidé de toute évidence dans le seul but d’accélérer partout le progrès économique et social de la population. Il va de soi que ce découpage territorial est une cause noble et l’objectif indiscutable.

 

2.2. Ainsi, je soutiens qu’au regard des articles 2 et 226 de la Constitution de la RDC, il ne s’agit plus de décider si la « décentralisation – découpage » est une option, ou de ne pas la voir franchir l’étape du stade initial, mais plutôt de savoir comment la mettre en œuvre dans la pratique pour qu’elle puisse réaliser les objectifs qu’elle s’est fixée. Il ne reste qu’à la Commission Electorale d’organiser le plus rapidement possible l’élection des gouverneurs dans les nouvelles entités décentralisées.

 

2.3. Les sceptiques et /ou les conservateurs de dernière minute  doivent savoir que l’on ne marche jamais contre le courant de l’histoire. Les mutations institutionnelles et socio-politiques auxquelles nous vivons doivent être comprises comme un élargissement de la démocratie participative pour stimuler la responsabilisation des acteurs à la base. Dans ce sens, le découpage territorial offre non seulement des espoirs d’un renforcement de la démocratie et de la bonne gouvernance locale mais aussi des promesses d’une plus grande efficacité et efficience dans l’offre de services adaptés aux besoins locaux et un cadre adapté pour atteindre les objectifs du millénaire pour le développement.

 

2.4. Je suis conscient des embûches et pour les surmonter, je pense qu’il est donc important que les citoyens soient au centre du processus par implication active dans le processus. En effet, pour que réussisse ce découpage, le processus doit être inspiré par l’exigence de la population d’une redéfinition des rapports entre l’État et ses citoyens et non être l’œuvre des calculs politiciens.

 

2.5. La population du Lualaba doit s’approprier la réforme pour veiller à ce que son esprit soit respecté, que les dispositions juridiques formelles reflètent ses préoccupations et les réalités dans lesquelles elle vit et que ces dernières soient appliquées. Pour y parvenir de façon efficace, la population doit acquérir un certain nombre de compétences et d’aptitudes, en particulier une bonne compréhension des textes relatifs à la décentralisation.

 

2.6. Les citoyens du Lualaba doivent avoir une meilleure compréhension des enjeux et de la manière dont ils peuvent participer et intervenir efficacement au niveau local dans les processus de prise de décisions qui affectent leur vie  au quotidien et leurs moyens d’existence.

 

2.7. Je suis également conscient du fait que la réalisation de cette condition est un défi majeur en RDC car le chapelet de la pauvreté et l’analphabétisme, freine la participation active et informée des populations locales. Là où l’information existe, elle apparaît souvent teintée des discours partisans et de division pour faire échec au découpage. Ainsi, a court terme, le succès de la province du Lualaba dépend largement de la mesure dans laquelle la population locale constatera qu’elle apporte des avantages tangibles. Étant donnés les niveaux de pauvreté actuels, cette population, qui perçoit les principes de la gouvernance démocratique comme essentiels à l’expression de ses initiatives, veut aussi voir mises en œuvre des mesures concrètes susceptibles de résoudre ses problèmes quotidiens : Installations sanitaires et éducatives inadaptées, alimentation en eau insuffisante, manque d’opportunités en matière d’emploi, de débouchés commerciaux et d’investissement, routes impraticables voire inexistantes, etc.

 

3. Le mot de la fin ou du commencement ?

 

Il ne me reste qu’à affirmer que la gestion réussie des nouvelles provinces et spécialement de celle du Lualaba avec comme « capitale » Kolwezi mettra les élus locaux au défi de répondre aux demandes des populations. Elle permettra de mettre en relation directe le besoin social tel qu’il est vécu par le citoyen et la décision politique qui lui répond. Toutefois, je suis conscient qu’une gouvernance locale ne peut être efficace que si les relations avec les autres niveaux de pouvoir sont prises en compte, donnent lieu à des échanges, à des négociations et à des actions de coopération. Le Lualaba n’évoluera donc pas en vase clos. Comme qui dirait l’unité dans la diversité et non dans l’adversité !

 

Que vive la Province du Lualaba !

Que vive la RDC !

 

50 ANS D’INDEPENDANCE « CHA CHA » : QUELLE EST LA PART DE LA PARTICIPATION CITOYENNE ?

In Blogroll on 23/06/2007 at 12:27

Prof. Joseph Yav Katshung *

 

I. LIMINAIRES

Au moment où tous les regards sont tournés  vers la célébration dans environ 30 jours, du jubilé en République Démocratique du Congo (RDC), 50 ans d’indépendance, il est opportun que nous puissions faire un stop afin de faire un bilan. Faut-il réellement fêter 50 ans d’échec et d’autodestruction ou carrément méditer afin d’un possible décollage et/ou construction ? 

La population a été meurtrie et continue de l’être et tout le monde clame parler au nom du Peuple. Si tel était réellement le cas, ce peuple serait-il encore clochardisé ? Il semble que cela est fait à dessein pour le rendre inoffensif et dominé. L’on serait même tenté de dire que c’est la pure application du brocard « Ventre affamé n’a point d’oreilles ».

La conséquence est que le peuple se désintéresse de la politique et subit. Il est mis dans une situation de nécessiteux et ne s’aperçoit pas que cela est fait à dessein pour qu’à la veille des élections, qu’il lui soit donné des « mesurettes » de farine, pagnes, polos, et autres promesses chimériques.

Naïf, passif, innocent, de bonne foi, pensant que cette fois, il cessera de broyer le noir quotidien, il donnera sa voix et ça sera  la fin de ses rêves car, il ne peut plus contrôler à proprement parler l’élu ! À la moindre menace, l’élu rétorque que son mandat n’est pas impératif et le peuple rentre tout bonnement dans sa chaumière, sans voix, sans espoir et maudissant le jour qu’il est venu au monde. Mais la grande question : « Tire-t-il leçon de tout cela ? ».

La réponse est NON car, il cède encore aux sollicitations de certains « politicailleurs » jusqu’à un degré de fanatisme aveugle. Les cas de l’Assemblée provinciale du Katanga avec le tabassage de quatre députés en janvier 2010  et le tout récent survenu à l’Assemblée nationale en date du 19 mai 2010 suite à une motion de censure  contre le Premier ministre et son gouvernement qui a connu l’immixtion d’une frange des partisans pour empêcher la tenue de cette séance sont éloquents.  L’on ne se tromperait pas en affirmant que le peuple est considéré comme le bouclier et/ou marche pied des « politicaillons ».

II. LE PEUPLE DOIT S’INSPIRER DE LA LEGENDE DU COLIBRI

50 après l’indépendance, il sied de réfléchir sur le rôle et/ou l’action du peuple qui en principe a une place au soleil au regard de la Constitution de la RDC. Mais, remplit-il effectivement son rôle ? Cela doit interpeller tout le monde !

Au demeurant, notons simplement que nous devons nous inspirer de la légende du Colibri. En effet, un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés et atterrés observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes d’eau dans son bec pour les jeter sur le feu. Au bout d’un moment, le tatou, agacé par ses agissements dérisoires, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ! Tu crois que c’est avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ?! » Le colibri répondit alors : « Je sais, mais je fais ma part. »

La légende raconte que chaque animal se sentit concerné, que chacun à sa manière fit sa part, et que la forêt fut sauvée.

 

Leçon de cette légende: Face à un problème, un désastre qui nous dépasse par son ampleur, ce qui forcément est source d’impuissance, la seule solution est que chacun fasse ce qui lui est possible de faire, à son niveau. Il est donc nécessaire dans un premier temps de se réapproprier notre pouvoir d’action et pour cela d’en déterminer clairement les limites. De ce pouvoir d’action découle notre part de responsabilité. La multiplication des efforts personnels, et leur orientation commune vers la réalisation d’un même objectif, permet de concrétiser des actions d’une ampleur supérieure à l’action d’une seule personne. Qu’il plaise donc à nous tous de nous  inspirer de cette sagesse du colibri en  contribuant à l’essor de la démocratie, de la paix et de la reconstruction de la RDC. Voilà notre part et notre rôle !


* Maître YAV KATSHUNG JOSEPH est Professeur à la Faculté de Droit de l’Université de Lubumbashi en RDC et Avocat au Barreau de Lubumbashi, propriétaire du Cabinet « YAV & ASSOCIATES » [ www.yavassociates.com ]. Il est en outre Chercheur et Consultant auprès de plusieurs institutions et organisations internationales, régionales et nationales. Il coordonne la Chaire UNESCO des Droits de l’Homme /Antenne de l’Université de Lubumbashi et Préside le CONTROLE CITOYEN. Il est auteur de plusieurs livres , articles scientifiques et avis en français et anglais. 


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A PROPOS DE LA POLEMIQUE AUTOUR DE LA QUALITE DE L’EAU A KOLWEZI : UN REGARD CRITIQUE !

In Blogroll on 14/05/2012 at 21:25

Prof. Joseph Yav Katshung

 

I. Liminaires : Quand l’eau nuit à la vie » alors qu’elle en est  la source, dit-on !  

Peut-on boire en RDC, l’eau du robinet en toute tranquillité ? Doit-on ou non éviter de boire de l’eau du robinet ?

Ces questions reviennent chaque fois à l’esprit des consommateurs congolais et étrangers. Il est certes vrai que depuis plusieurs années, nous pensons que l’eau du robinet est excellente pour la santé. Beaucoup de médias relayent cette information. Nous aimerions que ce soit le cas… C’est tellement plus pratique, et moins coûteux !

Mais, depuis un certain temps, il semble que cela n’est plus le cas. La confiance aveugle a laissé place au doute suite aux cas de pollution, intoxication, etc… Dans ces conditions, boire de l’eau du robinet peut être un geste dangereux.

En effet, l’eau est une substance liquide des plus répandues sur la terre. Plus de 70 % de la surface du globe est recouverte d’eau. Nous avions tous appris en maternelle et/ou à l’école primaire que l’eau est un liquide incolore, inodore et insipide.   Ainsi, l’eau est très importante, quand il n’y en a pas, c’est un problème et quand elle est sale aussi.

L’accès à l’eau est un droit que doit garantir tout État à ses citoyens. Mais il  a aussi un coût. Que le pourvoyeur d’eau soit public ou privé, il s’agit cependant de garantir les droits des usagers. Le maintien d’un contrôle décentralisé et autonome est donc essentiel. Cette condition exige le renforcement des mécanismes de gouvernance. C’est aussi une pièce maîtresse de la prévention de conflits, à l’heure où augmentent les tensions autour de cette source de vie, soumise à une pression sans égale dans l’histoire de l’humanité.

L’eau est indispensable à la vie, dit-on ; ou mieux, Sans eau, il n’y aurait pas de vie ! Malgré son importance et son caractère souvent sacré, l’eau continue dans plusieurs coins et recoins du monde à être rare et souillée, dans les villes comme dans les milieux ruraux. C’est pourquoi l’Assemblée générale des Nations Unies, dans sa résolution proclamant la période 2005-2015 Décennie internationale d’action sur le thème « L’eau, source de vie », a préconisé une action concertée afin de diminuer de moitié, d’ici à 2015, le nombre de ceux qui n’ont pas accès à l’eau salubre ou à l’assainissement de base.

Dans cette perspective, la Constitution de la République Démocratique du Congo (RDC) affirme à l’article 48 que : « le droit d’accès à l’eau potable et à l’énergie électrique sont garantis ». Dans cette perspective, voulant se rapprocher le plus possible d’un des volets des Objectifs du millénaire pour le développement, particulièrement celui se rapportant à l’accès à un grand nombre de la population à l’eau potable, le gouvernement de la RDC, au travers des ministères du Portefeuille et de l’Energie, a responsabilisé la Régie de distribution d’eau de la RDC (REGIDESO) pour réussir ce pari. Bien plus, c’est donc en toute logique que le volet « eau et électricité » se retrouvait parmi les grands axes de « cinq chantiers » de la République énoncés par le Président Joseph Kabila, lors de son discours d’investiture le 6 décembre 2006. Cela est aussi repris dans la politique  de la « Révolution de la Modernité’ qui tinte le nouveau et dernier mandat constitutionnel du Chef de l’Etat Congolais. Mais une question mérite d’être posé : Est-ce que la réalité sur terrain est-elle conforme aux dires ou déclarations ?

Non, car l’on assiste dans nos villes, cités et villages à une situation très alarmante : carence, démographie galopante, mésusages croissants et intensifs, pollution mettent aujourd’hui gravement en péril les ressources en eau.

Il est donc temps que le gouvernement s’en préoccupe au plus haut point, d’autant plus que le pays sera jugé sur des efforts qu’il déploiera dans ce secteur vital dans le cadre des objectifs du Millénaire.

II. La question désormais quotidienne de la gestion et de l’accès a l’eau en RDC

L’on se souviendra que le Sénat de la RDC s’était déjà inquiété et fait échos de la situation de l’eau en RDC par une question orale sur la gestion et la qualité d’eau. En effet, les Administrateurs Délégués Généraux (ADG) de la Société nationale d’électricité (SNEL) et de la Régie de distribution d’eau (REGIDESO), avaient répondu le mercredi 26 novembre 2008, à la question orale que leur avait posée le Sénateur Florentin Mokonda Bonza, conformément aux dispositions légales relatives au contrôle du gouvernement et des entreprises publiques par le Parlement. Les deux mandataires avaient expliqué aux sénateurs la gestion de leurs entreprises respectives concernant la production et la distribution de l’électricité et de l’eau notamment dans la ville de Kinshasa et dans la province Orientale .

En ce qui concerne la REGIDESO, le Sénateur Mokonda Bonza avait fait observer à l’ADG, que l’eau produite dans ses usines de Kingabwa, de Binza, et de la Lukaya et destinée à la population n’est ni incolore, ni inodore, ni insipide suivant la définition apprise à l’école primaire. « En effet, votre eau est non seulement sale et colorée, mais surtout impure », a-t-il dit avant de poursuivre : « Votre responsabilité est engagée par rapport au taux élevé de morbidité et de mortalité de la population congolaise qui, heureusement pour vous, ne pense qu’à la sorcellerie comme cause de décès ».  Après les exposés de ces deux mandataires, les Sénateurs avaient exprimé leurs inquiétudes quant la gestion de la SNEL et de la REGIDESO, dont le rendement et la qualité de leurs produits sont loin de satisfaire les besoins de la population de Kinshasa et de toutes les provinces du pays.

III. Quand la qualité d’eau divise à Kolwezi

Le malheur ne vient jamais seul, dit-on. Comme si cela ne suffisait pas, un autre fait défraye la chronique ces semaines et toujours en rapport avec la question d’eau en RDC. En effet, c’est Kolwezi qui nous en donne le triste exemple. Kolwezi est depuis un temps le théâtre des tensions et polémiques autour de cette denrée jusqu’à ce que par tous les moyens, l’on cherche à museler ceux qui dénoncent la mauvaise qualité et/ou le non traitement de l’eau « potable » distribuée à compte goutte par la régie attitrée. Un procès oppose déjà un ingénieur et responsable d’une institution d’enseignement supérieur à la société de distribution en dénonciation calomnieuse.

Sans nous prononcer sur qui a tort ou raison – avant le prononcé de la décision de justice – nous notons tout simplement qu’il sied de respecter le droit à l’accès à l’eau garantie par la Constitution congolaise ainsi que les instruments régionaux et internationaux des droits humains. Toute action ou omission doit être respectueuse des directives du Comité des Nations Unies pour les droits économiques, sociaux et culturels qui a déclaré l’eau « indispensable à la vie et à la santé ». « Le droit de l’être humain à l’eau est donc fondamental pour qu’il puisse vivre une vie saine et digne. C’est la condition préalable à la réalisation de tous ses autres droits. »

Comme nous l’avons relevé supra, il semble qu’en RDC [et à Kolwezi  particulièrement]  , l’eau destinée à la population n’est ni incolore, ni inodore, ni insipide suivant la définition apprise à l’école primaire.    Ce constat amer émanant du Sénateur initiateur de la question orale précitée, veut tout simplement interpeller ou rappeler nos consciences sur le fait  que l’eau produite par la REGIDESO est non seulement sale et colorée, mais surtout impure. Incolore veut dire sans couleur, inodore veut dire sans odeur et insipide veut dire sans goût. Dans ces conditions, elle peut être dangereuse à la consommation et il est impérieux d’initier ou de renforcer des contrôles de potabilité afin d’éviter les graves conséquences a la sante publique.

IV. Que faire ? De la nécessité de renforcer le contrôle sanitaire de l’eau à Kolwezi et en RDC !

Fort de ce qui précède, il sied de mettre l’accent sur le contrôle sanitaire de l’eau afin de parer à toute éventualité. En effet, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a mis en place des normes internationales relatives à la qualité de l’eau sous la forme de directives qui servent de base à l’élaboration de réglementations et de normes dans les pays développés et en développement du monde entier. Une eau est dite potable quand elle satisfait à un certain nombre de caractéristiques la rendant propre à la consommation humaine. Dans cette quête de potabilité, un contrôle rigoureux doit être initié et effectué. Il semble qu’en RDC, c’est cela qui fait défaut. Ainsi, la qualité de l’eau potable peut être soumise à deux types de contrôles, que son distributeur soit public ou privé :

•Un contrôle officiel, ponctuel, qui relève de la compétence des pouvoirs publics Il s’agit là du contrôle réglementaire fondamental ; qui peut porter sur l’ensemble du système de distribution : points de captage, stations de traitement, réservoirs et réseaux de distribution. Les échantillons d’eau prélevés aux différents points de contrôle sont analysés par des laboratoires agréés par le ministère chargé de la Santé. La nature et la fréquence de ces analyses sont fixées par arrêté du maire ou du gouverneur. Elles dépendent notamment de la taille de la collectivité desservie : plus celle-ci est grande, plus les contrôles sont fréquents.

•Une auto surveillance permanente par les exploitants de leurs services de distribution (régies ou sociétés déléguées). En RDC, cette auto surveillance doit être faite par la REGIDESO.

Il ne suffit pas de se limiter au contrôle de la qualité d’eau seulement, il faut également agir, en cas de pollution. Ainsi, que se passe-t-il quand l’eau ne respecte plus les exigences de qualité ?

Le distributeur, (ici la REGIDESO), a une obligation d’alerte dès qu’il constate le non-respect des exigences de qualité. Il doit :

•informer immédiatement le maire, le gouverneur, voire dans une certaine mesure le bourgmestre;

•effectuer une enquête afin de déterminer la cause de la non-conformité ;

•communiquer immédiatement au bourgmestre, maire, gouverneur, les constatations et les conclusions de l’enquête.

En cas de dépassement des limites de qualité, il doit également prendre des mesures correctives pour rétablir la qualité de l’eau, « que le non-respect soit ou non imputable à l’installation privée de distribution ».

C’est à ces conditions, que la population sera mise à l’abri et réellement, l’eau sera une source de vie et non de mort. Faisons qu’il en soit ainsi à Kowezi et partout ailleurs !